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Après la naissance

Rééducation du périnée : quand, combien de séances, avec qui ?

Ce qui se passe pendant les séances, et pourquoi elle compte

Par Laetitia 8 min de lecture

La rééducation du périnée se décide à la consultation postnatale, six à huit semaines après la naissance. Elle se fait avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, souvent en une dizaine de séances, et elle est prise en charge par l'Assurance maladie quand elle est prescrite. Elle est surtout essentielle en cas de fuites ou de pesanteur.

On en entend parler dès la grossesse, souvent sans savoir ce que c'est vraiment. Faut-il la faire, même sans fuites ? Quand commencer, avec qui, combien de séances, et avec ou sans sonde ? Voici les réponses, et ce que disent les recommandations françaises.

À retenir

  • Elle commence après la consultation postnatale, pas avant six semaines environ.
  • Une sage-femme ou un kinésithérapeute la pratique, sur prescription d'une sage-femme ou d'un médecin.
  • Le nombre de séances dépend du bilan : souvent une dizaine, parfois moins, parfois plus.
  • Elle est indispensable en cas de fuites urinaires qui persistent, de fuites de gaz ou de selles, ou de sensation de boule.
  • Elle concerne aussi les femmes qui ont accouché par césarienne.

Qu'est-ce que la rééducation du périnée ?

C'est un accompagnement par une professionnelle pour apprendre à sentir son périnée, à le contracter et à le relâcher au bon moment. Le périnée est l'ensemble des muscles qui ferment le bas du bassin et soutiennent la vessie, l'utérus et le rectum. La grossesse et l'accouchement l'étirent : la rééducation l'aide à retrouver force, réflexes et coordination.

Elle ne consiste pas seulement à « muscler ». Elle apprend aussi à verrouiller le périnée avant un effort, à mieux respirer, et à reprendre confiance dans son corps. Pour comprendre ce qui se passe dans les semaines qui précèdent, lisez notre guide sur le périnée après l'accouchement.

Quand commencer la rééducation du périnée ?

Après la consultation postnatale, qui a lieu six à huit semaines après la naissance. Avant, les tissus cicatrisent encore et les lochies se terminent : les recommandations françaises ne conseillent pas de rééducation dans les deux premiers mois. Si vous avez des fuites importantes ou des douleurs dès les premières semaines, parlez-en sans attendre : un bilan peut être avancé.

En attendant, vous pouvez déjà prendre l'habitude de contracter doucement le périnée avant de tousser, d'éternuer ou de soulever votre bébé, si cela ne fait pas mal. Évitez en revanche les abdominaux classiques, le port de charges lourdes et les sports à impact.

La rééducation du périnée est-elle obligatoire ?

Non. Elle n'est pas obligatoire, mais elle est vivement recommandée en cas de fuites urinaires qui persistent au-delà de trois mois, de fuites de gaz ou de selles, de sensation de pesanteur ou de douleurs. Pour les femmes qui n'ont aucun symptôme, les recommandations du CNGOF ne la jugent pas nécessaire en prévention. Le bilan postnatal permet de décider ensemble.

En pratique, en France, beaucoup de sages-femmes la proposent largement, car un bilan de quelques séances rassure, repère ce qui passe inaperçu et prépare la reprise du sport. Si vous ressentez quoi que ce soit d'inhabituel et qu'on ne vous l'a pas proposée, demandez-la : vous n'avez pas à attendre que cela s'aggrave.

Combien de séances de rééducation du périnée ?

Le plus souvent une dizaine, mais le nombre dépend de votre bilan et de la prescription. Certaines femmes n'ont besoin que de trois à cinq séances pour apprendre les bons gestes, d'autres davantage. En cas d'incontinence urinaire, les recommandations prévoient au moins trois séances guidées, associées à des exercices à la maison. La prescription peut être renouvelée si besoin.

Une séance dure en général une demi-heure, à raison d'une ou deux par semaine. Le travail à la maison entre les séances compte autant que les séances elles-mêmes.

QuestionRepère habituel en France
Quand commencerAprès la consultation postnatale, six à huit semaines après la naissance
Qui prescritLa sage-femme ou le médecin qui fait la consultation postnatale
Qui pratiqueUne sage-femme ou un masseur-kinésithérapeute
Nombre de séancesSouvent une dizaine, selon le bilan
RythmeUne à deux séances par semaine, d'une demi-heure environ
RemboursementPris en charge par l'Assurance maladie sur prescription, au titre de la maternité
Après une césarienneMêmes règles, selon le bilan

Sage-femme ou kinésithérapeute : avec qui faire sa rééducation ?

Les deux sont formés pour cela, et le remboursement est le même. Choisissez selon la proximité, les disponibilités et la confiance : vous parlerez d'une partie intime de votre corps, il est important de vous sentir à l'aise. Certains kinésithérapeutes sont spécialisés en rééducation périnéale. Une sage-femme peut aussi enchaîner avec le suivi du post-partum.

Si le courant ne passe pas, vous pouvez changer de professionnelle en cours de route. Ce n'est pas une question de politesse, c'est votre soin.

Comment se passe une séance de rééducation du périnée ?

La première séance est un bilan : questions sur l'accouchement, les fuites, les sensations, puis un examen, en général avec un doigt dans le vagin, pour évaluer la contraction. Les séances suivantes associent, selon les besoins, un travail manuel, des exercices guidés, parfois une sonde. Chaque étape vous est expliquée, et vous pouvez toujours dire non ou demander une pause.

  • Le travail manuel. La professionnelle guide la contraction avec le doigt et vous aide à sentir les bons muscles.
  • Le biofeedback. Une sonde reliée à un écran montre la force de la contraction : on voit ce qu'on fait.
  • L'électrostimulation. Un léger courant fait contracter le muscle, utile quand on le sent mal au début.
  • Les exercices à la maison. Ils prolongent les séances et ancrent les bons réflexes.

La sonde est-elle obligatoire ?

Non. La sonde est un outil parmi d'autres, pas une étape imposée. Beaucoup de rééducations se font uniquement en travail manuel. Si une sonde vous est proposée, elle est personnelle : elle est prescrite et achetée en pharmacie, puis remboursée. Si l'idée vous gêne, dites-le : d'autres méthodes existent, et votre accord est demandé à chaque fois.

Faut-il faire une rééducation du périnée après une césarienne ?

Souvent, oui. Même sans voie basse, le périnée a porté le poids de la grossesse pendant des mois, sous l'effet d'hormones qui l'assouplissent. Des fuites ou une sensation de lourdeur sont possibles après une césarienne. Les règles sont les mêmes : bilan à la consultation postnatale, puis séances si besoin. Le massage de la cicatrice peut être abordé au passage.

Pour la récupération dans son ensemble, lisez notre guide pour récupérer après une césarienne, et pour le soin de la cicatrice, notre article sur la cicatrice de césarienne.

Quels exercices faire à la maison ?

Ceux que votre sage-femme ou votre kinésithérapeute vous a appris, car chaque périnée a ses besoins. Le principe : contracter le périnée comme pour retenir un gaz et une envie d'uriner, tenir quelques secondes en continuant de respirer, puis relâcher complètement, plusieurs fois par jour. Ne bloquez pas votre respiration et ne serrez ni les fesses ni le ventre.

Une précaution : n'interrompez pas volontairement le jet d'urine pour vous entraîner. Ce « stop-pipi » peut gêner la vidange de la vessie. Il sert parfois une fois, pour repérer les muscles, mais pas comme exercice.

Et les abdominaux, le sport ?

Les abdominaux viennent après le périnée. On commence par les muscles profonds du ventre, avec des exercices qui ne poussent pas les organes vers le bas, puis on reprend les sports à impact, comme la course, souvent pas avant trois à quatre mois. Les crunchs et relevés de buste attendent. La marche, elle, est bienvenue dès les premiers jours.

Pour la réponse courte, voyez aussi notre question sur

Quand consulter pour son périnée ?

Quand consulter

Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin, sans attendre la consultation suivante, si vous avez :

  • des fuites urinaires qui ne diminuent pas, ou qui persistent au-delà de trois mois ;
  • des difficultés à retenir les gaz ou les selles ;
  • une sensation de boule ou de pesanteur dans le vagin ;
  • des douleurs du périnée qui durent, ou pendant les rapports ;
  • des brûlures en urinant, ou de la fièvre.

Il n'est jamais trop tard : une rééducation reste utile des mois, voire des années après l'accouchement.

Questions fréquentes

Quand commencer la rééducation du périnée après l'accouchement ?

Après la consultation postnatale, six à huit semaines après la naissance. Plus tôt, les tissus cicatrisent encore. En cas de fuites importantes ou de douleurs, parlez-en avant.

Combien de séances de rééducation du périnée faut-il ?

Souvent une dizaine, selon le bilan. Certaines femmes ont besoin de moins, d'autres de plus. Les exercices à la maison comptent autant que les séances.

La rééducation du périnée est-elle remboursée ?

Oui. Prescrite après l'accouchement, elle est prise en charge par l'Assurance maladie au titre de la maternité, qu'elle soit faite par une sage-femme ou un kinésithérapeute.

La rééducation du périnée fait-elle mal ?

Non, elle ne doit pas faire mal. Une gêne peut exister au début, surtout après une déchirure ou une épisiotomie. Dites-le : la professionnelle adapte les gestes.

Peut-on faire sa rééducation sans sonde ?

Oui. Le travail manuel et les exercices guidés suffisent souvent. La sonde est une option, jamais une obligation.

Est-ce normal d'avoir des fuites urinaires après l'accouchement ?

De petites fuites sont fréquentes les premières semaines et diminuent souvent d'elles-mêmes. Si elles persistent au-delà de trois mois, une rééducation est recommandée : elle est efficace.

Peut-on reprendre le sport avant la fin de la rééducation ?

La marche, la natation douce une fois les lochies terminées, oui. La course, les sauts et les abdominaux classiques attendent la fin de la rééducation et l'accord de la professionnelle qui vous suit.

Un muscle qu'on apprend à connaître

La rééducation du périnée n'est pas un examen à réussir. C'est un temps pour vous, pour comprendre un muscle dont on parle peu et qui travaille beaucoup. Pour mieux le connaître, relisez notre guide sur le périnée après l'accouchement.

Sources

  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Recommandations pour la pratique clinique : le post-partum, 2015, chapitre rééducation périnéale et abdominale
  • Haute Autorité de santé (HAS, ex-Anaes), Rééducation dans le cadre du post-partum, recommandations, 2002
  • Assurance Maladie (ameli.fr), rééducation périnéale et abdominale après l'accouchement
  • NHS (nhs.uk), Pelvic floor exercises

Mis à jour le 5 octobre 2026. Ces informations ne remplacent pas l'avis de votre sage-femme ou de votre médecin.